Eco circulaire

Bengs Lab Saison 6 – 9 défis à résoudre pour l’économie circulaire

Publié le 15 mai 2018

Pour sa 6ème édition, le Bengs Lab a décidé de mettre l’économie circulaire à l’honneur. Un sujet d’actualité autant qu’une réponse à un besoin urgent et global, cette thématique s’est imposée comme une évidence pour nous. Voici le premier article relatant notre exploration des problématiques circulaires.

A l’heure de la feuille de route Economie Circulaire, à l’heure où la Chine décide d’arrêter d’importer les déchets en plastique du reste du monde, à l’heure où les citoyens se font de plus en plus regardants envers la politique RSE de leurs entreprises, pourquoi les modèles d’économie circulaire peinent-ils autant à s’imposer comme modèles clés pour changer le monde et comme source de croissance pour les entreprises ?

Depuis janvier, les travaux des membres du Bengs Lab ont permis d’identifier 9 causes majeures expliquant ce problème, que nous vous présentons ci-dessous :

  • L’économie de la possession prévaut sur celle de l’usage. Prenons pour exemple la perceuse, que les consommateurs continuent d’acheter alors que des solutions de location telles que Kiloutou ou Allo Voisins existent, et alors que le temps d’utilisation total d’une perceuse appartenant à un particulier est connu : 12 minutes en moyenne pendant toute la durée de sa vie.
  • Les objectifs financiers sont éloignés des préoccupations circulaires. Notre économie continue de favoriser le jetable, et bien que s’opposant à l’obsolescence programmée, elle n’impose pas l’éco-conception aux entreprises. Prenons un exemple simple : nos ordinateurs. De plus en plus de fabricants soudent l’intégralité des pièces entre elles. Ceci a deux effets : la taille de nos PC est réduite, et chaque pièce est rendue plus efficiente (moins de perte d’énergie car plus de connexion), mais cette pratique complexifie énormément le changement des pièces détachées, la rendant même impossible dans certains cas. Le gain en performance et en légèreté permet de justifier un prix de vente plus important, mais le défaut d’une seule de ces pièces peut aboutir à la mise au rebut de l’ordinateur en entier !
  • Les réglementations changent régulièrement et ne sont pas identiques géographiquement. On peut prendre pour exemple la requalification des déchets dans le BTP. L’ADEME a réalisé une étude sur ce sujet en 2016, et a identifié trois facteurs freinant ce réemploi, lié au juridique et au règlementaire : la notion de statut de déchet encore trop floue, le statut juridique du don et de mise à disposition qui sont trop contraignantes, la décennale (ou dommage ouvrage – assurance protégeant l’acheteur en cas de matériaux défectueux) qui fait craindre aux constructeurs des problèmes techniques liés au manque de fiabilité des matériaux, et le marquage CE des matériaux et produits de réemploi, trop contraignant lui aussi.
  • Il n’y a pas ou peu de système de valorisation des co-produits et déchets. En 2014 en France, seuls 39% des déchets ménagers, et 20% des déchets plastiques sont recyclés et valorisés. Le reste est soit brûlé pour produire de l’énergie, soit jeté. Quand on compare ces chiffres à ceux de nos voisins européens, comme par exemple l’Allemagne qui valorise 65% des déchets ménagers, il n’y a pas de doute : un effort peut être fait !
  • Il n’y a pas/peu de partage des connaissances au sein de mon écosystème. Qui connaît la nature des déchets produits par son voisin ? Qui est capable d’en identifier les usages ? Ce modèle économique disruptif ne pourra cependant fonctionner qu’à la condition que ses acteurs soient tous connectés et qu’un échange sur les offres et les besoins soient possibles.
  • Les modes de consommation actuels s’opposent à l’économie circulaire. Citons à titre d’exemple les objets connectés. Ceux destinés au grand public sont souvent perçus comme des gadgets et n’ont par conséquent pas pour objectif de durer dans le temps. L’explosion de leur nombre – on estime qu’il y en aura entre 50 et 80 milliards en 2020 – pourrait être une source massive de déchets électroniques, d’autant plus dommageables qu’ils sont fabriqués à partir de « terres rares », dont les méthodes d’extraction et de raffinage ont un impact environnemental très négatif.
  • Une absence d’unité de mesure concrète pour rendre compte de l’impact environnemental. La disponibilité des métaux est par exemple estimée en année de consommation ou de production. Ces mesures permettent d’aboutir à des résultats très variables (allant de quelques années à quelques siècles). Mais tous les scientifiques s’accordent à dire que cette estimation n’est pas fiable, puisqu’elle ne prend pas en compte l’évolution potentielle de notre production. Sur un autre sujet, l’ADEME travaille depuis quelques années sur la création d’un affichage environnemental, qui permettrait d’indiquer de manière homogène sur tous les produits de grande consommation l’impact que leur production et leur consommation ont sur l’environnement. Cependant, et malgré plusieurs expérimentations, cette idée n’est encore qu’à l’état de projet, du fait de la complexité de rendre une telle mesure universelle.
  • Les produits éco-conçus ne sont pas valorisés aux yeux du consommateur, qui ne voient pas toujours l’intérêt de payer plus cher un produit lorsque son principal avantage, i.e. une durée de vie plus longue, n’est pas visible ou connue au moment de l’achat.
  • Les solutions techniques n’existent pas aujourd’hui, nous concevons des produits toujours plus complexes, et les techniques pour les désassembler, ou séparer ces matériaux composites ne sont pas toujours au point.

Prochain défi, la Start up Fair de l’économie circulaire, à suivre sur Twitter via #BSLabFair

Share Button

Laisser un commentaire